Rhume ou sinusite
Une sinusite est suspectée quand les symptômes d'un rhume durent plus de dix jours sans amélioration, ou lorsqu'ils s'aggravent après une amélioration initiale, surtout s'il existe une douleur faciale ou une fièvre tardive. La grande majorité des sinusites restent virales et guérissent seules.
- Durée
- Suspectée si rhume > 10 jours sans recul.
- Aggravation
- Reprise des symptômes après amélioration : signe d'alerte.
- Douleur
- Front, joues, autour des yeux, augmentée en se penchant.
- Antibiotiques
- Rarement nécessaires : la plupart des sinusites sont virales.
Pourquoi un rhume peut évoluer vers une sinusite
Les sinus sont des cavités osseuses tapissées d'une muqueuse en continuité avec celle du nez. Pendant un rhume, cette muqueuse s'enflamme. Si le drainage des sinus est gêné, du mucus s'y accumule. Cette inflammation des sinus existe à des degrés variables dans la plupart des rhumes ; on parle de sinusite quand elle devient cliniquement significative.
La très grande majorité des sinusites sont d'origine virale et guérissent seules en deux à trois semaines. Une surinfection bactérienne est moins fréquente qu'on ne le croit.
Signes qui orientent vers une sinusite
- Symptômes du rhume au-delà de dix jours sans tendance à l'amélioration. C'est le critère le plus utilisé.
- Aggravation après amélioration : on se sentait mieux, et la fièvre ou la congestion repart à la hausse.
- Douleur faciale : front, autour des yeux, sur les joues. Elle augmente quand on se penche en avant.
- Sensation de pesanteur au-dessus ou en dessous des yeux.
- Écoulement nasal purulent persistant unilatéral.
- Fièvre tardive, après la phase aiguë du rhume.
Quand consulter
Une sinusite suspectée justifie un avis médical, surtout si :
- La douleur est intense ou ne cède pas au paracétamol.
- La fièvre dépasse 38,5 °C plus de trois jours.
- L'évolution dépasse trois à quatre semaines.
- Il existe un terrain particulier (asthme, immunodépression, grossesse, enfant).
- Apparaissent un œdème de la paupière, une rougeur autour de l'œil, des troubles visuels, des maux de tête sévères : urgence, ces signes peuvent traduire une complication.
Comment soulager en attendant
Les mêmes mesures que pour le traitement du rhume sont la base : lavages de nez au sérum physiologique plusieurs fois par jour, hydratation, paracétamol pour la douleur. Les décongestionnants oraux sont à éviter ; les sprays décongestionnants locaux sont parfois proposés sur de courtes durées (5 jours maximum) en cas de gêne marquée — avis du pharmacien recommandé.
Antibiotiques : rarement utiles
Les recommandations françaises (HAS) réservent les antibiotiques aux situations où une origine bactérienne est probable : symptômes prolongés et sévères, douleur intense unilatérale, écoulement purulent unilatéral, fièvre élevée tardive. Dans les autres cas, ils n'apportent pas de bénéfice et exposent à des effets indésirables et à la résistance bactérienne. C'est au médecin d'évaluer.